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Grand chantier pour les archives hypothécaires

Pendant les six prochains mois, les 12 665 registres des hypothèques vont être reclassés, dépoussiérés et mis sous chemises pour une meilleure conservation. Ils seront incommunicables pendant la durée de l’opération.

Reconditionnement d'un registre hypothécaire
Reconditionnement d'un registre hypothécaire

Du repérage de moisissures aux mesures de prévention

C’est le repérage de petits champignons blancs sur certains registres d’hypothèques et sur quelques reliures de la presse locale sur le site des Archives modernes et contemporaines qui a déclenché une série d’opérations pour arrêter la propagation, supprimer les champignons et éviter que cela ne recommence.

 

A la fin de l’année 2012, une biologiste spécialiste des questions de contaminations dans les collections patrimoniales vient effectuer des prélèvements dans deux salles de conservation d’archives des Archives modernes et contemporaines. En effet, les archivistes ont repéré des petits points blancs sur les reliures et les tranches de plusieurs registres d’hypothèques et de titres de presse.

 

Il s’agit bien de petits champignons, que la biologiste met alors en culture. Le résultat des analyses est donné quelques semaines plus tard : ces moisissures sont actives, elles risquent d’abîmer les documents atteints et de se propager, il faut les éliminer. Les premières mesures sont rapidement prises : les documents infectés sont repérés, isolés et ne sont plus communicables en salle de lecture. Les archivistes utilisent des gants jetables pour les manipuler afin d’éviter la dispersion des champignons dans d’autres collections. A l’été 2014, la relieuse des Archives entreprend de supprimer les reliures contaminées de la presse lorsqu’elles n’ont pas d’intérêt historique ou artistique.

 

Vers un chantier de désinfection et de dépoussiérage

La réflexion est ensuite menée sur les causes de l’apparition de ces moisissures et sur le chantier à mener pour rendre à nouveau sains les deux magasins d’archives touchés. L’air ambiant contient de nombreuses spores, qui ne demandent qu’un peu d’humidité, de chaleur, de confinement et de nourriture (de la poussière par exemple) pour devenir des champignons visibles à l’œil nu. C’est notamment pour cela que les nouveaux bâtiments d’archives sont construits avec des équipements qui régulent la température et l’humidité et qui permettent une bonne circulation de l’air.

 

Les mesures à prendre sont donc le nettoyage intégral des deux magasins contaminés, le dépoussiérage complet de tous les documents contenus dans ces deux espaces et la désinfection des documents atteints par les champignons. Il convient également de mettre en boîtes les archives afin que la poussière ne puisse plus se déposer sur les documents eux-mêmes.

 

L’ampleur et la technicité du chantier nécessitent l’appel à un prestataire ; en effet, la désinfection doit être réalisée à l’oxyde d’éthylène pour ne pas abîmer les documents, produit très dangereux qui n’est utilisable que par des sociétés spécialisées. Par ailleurs, le dépoussiérage doit être mené sur plus de 1 800 mètres linéaires de documents, ce qui représente environ un an de travail pour quatre personnes qualifiées dans le domaine de la conservation-restauration d’archives. Enfin, les magasins et les gaines de ventilation doivent aussi être désinfectés par des professionnels.

 

Chantier 2015 et perturbations dans les recherches et communications en salle

En décembre 2014, 27 mètres cube de documents ont été envoyés en désinfection. Ils viennent de revenir, l’opération de dépoussiérage peut donc commencer. Ce sont d’abord les registres d’hypothèques qui sont nettoyés, un par un, et placés dans des chemises aux formats adaptés à chacun. Le chantier est aussi l’occasion de refaire l’inventaire des documents : chaque registre sera classé suivant sa provenance (conservations des hypothèques de Gien, Montargis, Orléans et Pithiviers) et recevra une nouvelle référence (ou « cote » dans le vocabulaire des archives).

 

La remise en état des archives hypothécaires devrait durer six mois. Durant toute cette période, les documents ne seront pas accessibles : il n’y aura donc ni recherche possible par les agents ni communication en salle. Des nouvelles seront régulièrement données sur la progression de l’opération et pour annoncer la date de fin de chantier. Merci à chacun pour sa patience et sa compréhension.

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Après
Après

Date de modification : 27 Février 2015