Les archives de la famille Rancourt de Mimérand
Document à la une - avril et mai 2026
Il faut remonter au XVII siècle pour retrouver trace des premiers Rancourt dans les alentours de Gien. Appartenant au monde des « financiers », les Rancourt occupent des fonctions de « manieurs d’argent » tout au long de l’Ancien Régime : certains sont officiers comptables (Louis I de Rancourt et six de ses descendants sont receveurs des tailles de l’élection de Gien de 1651 à 1790), d’autres sous-fermiers et sous-traitants, c’est-à-dire partenaires des fermiers et traitants parisiens localement. De 1740 à 1790, Pierre de Rancourt et Pierre-Etienne-Achille de Rancourt occupent aussi l’emploi de receveur au grenier à sel de Gien. Devenus nobles par l’acquisition de l’office de secrétaire du roi en la chancellerie du parlement de Dijon en 1751, les Rancourt constituent l’une des familles les plus riches du Giennois à la veille de la Révolution.
La Révolution est difficile pour la famille : Edme-Linclet de Rancourt, député de la noblesse aux états généraux pour le bailliage de Gien puis député à l’Assemblée constituante, est incarcéré dans sa maison de Gien transformée en prison. Les biens de Michel-Achille de Rancourt, dernier receveur des tailles de l’élection de Gien puis receveur du district de Gien, sont placés sous séquestre en raison de sa participation à la « campagne des princes » puis à son émigration. Au XIXe siècle, la famille s’éloigne des offices financiers publics pour se consacrer à la gestion de ses nombreux domaines et à la politique locale (Michel-Achille de Rancourt est maire de Dampierre-en-Burly sous l’Empire, Hippolyte de Rancourt de Mimérand et son fils Achille, de Cernoy-en-Berry, sous le Second Empire et au début de la IIIe République. Longtemps conservé au château de Mimérand à Cernoy-en-Berry, une première partie du fonds a été confiée pour conservation et classement aux Archives départementales en 1981. Après le décès de Bruno de Rancourt de Mimérand en 2022, ses héritiers font don aux Archives départementales de la seconde partie du fonds qui était encore conservée à Mimérand. C’est Mattéo Vierling qui assure, en 2025, le classement de cette seconde partie et l’uniformisation de l’instrument de recherche avec le premier classement réalisé par Annette Philippe en 1989. Le fonds est désormais accessible à la consultation en salle de lecture.
Le fonds se divise en trois parties principales : une première relative aux papiers de famille composée de contrats de mariage, d’inventaires, de livres de comptes, de mémoires, de recherches généalogiques… S’y trouvent également des archives provenant des familles alliées. La deuxième est consacrée à la gestion des domaines et seigneuries à Dampierre-en-Burly puis à Cernoy sans oublier les maisons de Gien. Enfin, la troisième est constituée de documents relatifs à l’exercice des fonctions officielles occupées par les Rancourt sous l’Ancien Régime et intéresse l’ensemble du Giennois.
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Lettres patentes d’anoblissement d’Étienne Lauréault, avec un sceau de Louis XIV, 1677. Archives départementales du Loiret, 35 J 143.
Livre de comptes de Pierre de Rancourt (portant principalement sur les bestiaux, fermes et loyers), 1728-1761. Archives départementales du Loiret, 35 J 17.
« Conseils à mes filles », manuscrit de la marquise de Vanssay, 1801. Archives départementales du Loiret, 35 J 92.
Ce document à la une est présenté aux Archives du Loiret en avril et mai 2026.