Les prémices de l’archéologie à Sceaux-du-Gâtinais
Document à la une du 14 septembre au 13 novembre 2026
Les prémices de l’archéologie dans le département du Loiret apparaissent au début du XIXe siècle. Ils sont le fait de chercheurs locaux ou nationaux qui viennent examiner puis relever les traces de civilisations disparues, souvent gallo-romaines. Principalement tournés vers les grands pôles urbains, tel Orléans par exemple, les chercheurs n’en délaissent pas pour autant les zones rurales.
Ainsi dans les années 1830, Jean-Baptiste Jollois, alors ingénieur des Ponts et chaussées du Loiret, découvre-t-il le site antique de Sceaux-du-Gâtinais. Au lieu-dit du Préau, il relève la trace de constructions nombreuses s’étalant sur un large périmètre et croit y retrouver la mythique Vellaunodunum, que Jules César mentionne dans sa Guerre des Gaules. Ces ruines servent d’ailleurs de carrière aux habitants des environs qui viennent s’approvisionner pour réaliser leurs propres habitations.
Cette découverte ne passe pas inaperçue aux yeux de la communauté scientifique nationale. Dès 1834, Charles-Athanase, baron de Walckenaer, membre de l'Institut, demande des précisions à Ernest Henri de Grouchy, alors sous-préfet de Montargis :
À 2400 mètres (une demie lieue environ) de la sortie du village de Sceaux, vers l’est, Mr Jollois a découvert les ruines d’une ville antique à gauche de la route romaine qui conduisait à Sens et en face d’une ferme appellée Maison-Rouge. Entre le chemin qui mène à Mondreville, et vis-à-vis des ruines en demi-cercle que Mr Jollois désigne comme un amphithéâtre antique, est une source ou fontaine dont Mr Jollois parle dans son mémoire, et qu’il a placé sur ses cartes.
En 1844, il évoque l’hypothèse que cette découverte soit l’antique Aquis Segeste, ville d’eau gallo-Romaine mentionnée par la table de Peutinger. Cette hypothèse sera confirmée par la découverte d’une plaque votive dans le bassin sacré en 1972-1973.
Vers 1849-1950, c’est Jean-Marie Bachelot de la Pilaye, archéologue français, qui s’intéresse au site. Il le parcourt et rend visite aux propriétaires des terrains alentours. Il réalise de nombreuses notes et dessins des vestiges qui lui sont présentés.
C’est ainsi que commence la redécouverte d’une des 52 villes d’eau de l’Empire romain !